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 Se décrire ? gloups ! dur dur ça !
hum... je suis Alex… j'ai la trentaine... j'aime écrire … j'ai plein d'histoires dans la tête et j'ai très envie de vous les faire partager !
J'ai la joie de vous présenter Eve, qui est un peu de moi et un peu de rêve ... ou de cauchemar... peut être que certains d'entre vous se reconnaitront comme protagonistes ! :p
Je suis novice en matière d'écriture ! alors je vous en prie, soyez induglents- mon style est ce qu'il est ! hihihi !
en espérant vous faire vivre de bons moments, je vous dis Salut les Zamis !
Bonne lecture et merci à tous ceux qui me soutiennent et qui prennent le temps de me lire :)
Longue vie à Eve ;)
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La rose avait été déposée sur le seuil de ma porte. A l'endroit même où se trouvait mon paillasson. J'étais sur le point de sortir de chez moi lorsque le rouge de la fleur avait attiré mon regard. J'avais alors baissé naturellement les yeux vers mes pieds et avais vu la frêle fleur, jonchant délicatement et innocemment le sol.
Aujourd'hui encore, je revois la scène très nettement : mes clés m'échappant des mains comme au ralenti - comme on peut le voir dans certains films. Je les vois qui tombent lentement pour finir par s'écraser mollement sur le sol en faisant un bruit métallique. Ma bouche alors, n'avait laissé sortir aucun son, tandis que j'entendais un cri d'angoisse résonner en moi.
Mon premier réflexe fut de me réfugier instinctivement dans mon appartement. De refermer la porte derrière moi et de reculer dans le couloir. Mettre de la distance entre cette fleur et moi ...
Je m'étais laissée envahir par la panique. Je sentais mon cœur battre à tout rompre et mes jambes commençaient à devenir molles. Je m'appuyais sur le mur, essayant tant bien que mal de reprendre mon souffle. Je fermais les yeux. Il fallait coûte que coûte que je retrouve mon calme.
« PUTAIN » hurlais-je en tapant violemment du pied pour me laisser ensuite glisser lentement le long du mur et m'asseoir mollement sur le parquet. La panique ayant laissé place à la rage, les larmes me montèrent naturellement aux yeux et je fondis en larmes... à la fois de désespoir, de haine et de chagrin.
Cela faisait maintenant six mois que j'étais dans ce nouvel appartement. Je commençais tout juste à m'y sentir bien, presque en sécurité. J'avais réussi à l'aménager avec goût et lumière et la vie reprenait son cours tout doucement. J'avais même recommencé à écrire et mon roman avançait bien. J'avais trouvé un éditeur qui veillait sur moi. Ma vie reprenait petit à petit un sens.
...Et la rose était apparue...
Naturellement ! Quelle idiote j'avais été, de croire que j'allais pouvoir faire table rase de mon passé. Recommencer ma vie et essayer d'oublier. Oui, essayez seulement ...Parce qu'on m'avait dit que... tout s'efface, heureusement que le temps passe... Mais on oublie jamais vraiment... malheureusement.
Et j'étais là, maintenant, affalée dans mon couloir à pleurer sur mon sort... Cette simple constatation me fit immédiatement réagir. sans compter que ... je venais de me souvenir que mes clés jonchaient encore le sol. Je m'étais enfermée chez moi ... certes... mais mes clés étaient dehors ! Quelle idiote ! je sautais sur mes pieds, ouvris la porte violemment et récupérai mes clés au vol.
La rose était toujours là, menaçante... Je savais pourtant qu'Il n'était pas dans les parages... ça n'était pas dans ses habitudes... Il me connaissait suffisamment par cœur pour savoir quelle serait ma réaction lorsque je verrai la fleur. Il n'avait pas besoin de me voir, pour savourer son plaisir. Il était revenu... Il m'avait retrouvé... J'avais fui, mais il m'avait retrouvée... Tout ce que je désirais, moi, c'était recommencer une nouvelle vie, l'oublier... Mais jamais il ne me laisserait. Au fond de moi, je le savais pourtant ... Je savais qu'il était suffisamment sadique pour tout faire pour me retrouver... et c'était fait ... je me rendais compte cependant, qu'inconsciemment je l'avais toujours su ... voire, je l'avais attendu et peut-être même espéré... et il est là ...
Adossée contre ma porte fermée, mes clés à la main, j'essayais vainement de remettre de l'ordre dans mes idées... Je me sentais comme une proie chassée par un fauve. Instinctivement, je portais la main à mon cou... là où demeuraient les deux petites cicatrices... là où il avait posé ses lèvres... le soir, où il avait voulu me faire sienne... Remarquant mon geste, je retirai ma main brusquement... refusant de me remémorer cette fameuse soirée ... commencement et fin de tout... de ma vie, de ma quiétude, de mon bonheur...
Alors même que je commençais à reprendre mon souffle tout doucement, mon téléphone portable se mit à vibrer dans le fond de ma poche. Je le sortis avec précaution et regardant le numéro, je ne pu voir que « appel inconnu ». Décrochant, j'entendis :
« Eve, EverEve, Eve pour toujours, Eve à l'infini.... »
Je raccrochais violemment, fermant les yeux, je su et je compris que désormais, il me faudrait me battre...
(A suivre...)
"Je suis entré dans l'église Et je n'y ai vu personne Que le regard éteint du plâtre des statues Je connais un endroit où il n'y a rien au-dessus Je pense encore à toi. J'aurais dû me méfier des vents qui tourbillonnent De ces pierres qui taillent cachées sous l'eau qui dort De ces bouts de ruisseaux qui deviennent des ports Je pense encore à toi. On m'avait dit que tout s'efface Heureusement que le temps passe J'aurai appris qu'il faut longtemps Mais le temps passe, heureusement, heureusement. J'ai croisé le mendiant qui a perdu sa route Dans mon manteau de pluie je lui ressemble un peu Et puis j'ai ton image plantée dans les yeux Je pense encore à toi."
Paroles et Musique: Francis Cabrel 1980 "Fragile"
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Les yeux toujours fermés, le dos toujours appuyé contre la porte, je tentais de reprendre mes esprits. J'entendais mon coeur battre mes tempes et je sentais la migraine qui n'allait pas tarder à me tenailler la tête. Il fallait que j'agisse... mais par où commencer ? J'avais déjà fui une fois et cela n'avait servi à rien. Il était évident que désormais la seule issue était l'affrontement. En l'occurrence, si je ne savais pas où il se trouvait, lui, savait vraisemblablement où me trouver. Il me fallait prendre un peu de recul et réfléchir sérieusement. Au moment où l'incident s'était produit, j'avais eu l'intention de sortir comme tous les soirs pour me rendre au pub où j'avais l'habitude d'aller pour travailler. Munie de mon ordinateur portable, j'avais pris l'habitude d'aller au « Muppets » pour travailler sur mon roman. J'aimais bien l'ambiance qui y régnait. Le personnel était accueillant, la musique agréable et les habitués civilisés. C'est ainsi que chaque soir, ou presque, j'étais attablée au fond du troquet. Je décidais donc de faire comme d'habitude. Au moins, au milieu de la foule, je ne risquais pas grand chose et je pourrais peut être réfléchir à tout ça.J'empoignais donc la sacoche de mon portable et me dirigeais dehors. La rose était toujours là, me narguant ... Je la piétinais rageusement jusqu'à la transformer en bouillie. J'avoue que j'étais assez satisfaite de mon geste. Aussi dérisoire fut-il et pathétique en soit ... cela m'avait soulagé. Le courage affluait en moi et je ne comptais pas me laisser abattre. Quoi qu'il se passe l'action était la meilleure solution à la peur qui tentait de s'immiscer en moi.Je m'empressais donc malgré tout de retrouver l'antre bien douillette du Muppets. Dès que le barman, Ben, me vit entrer, il me fit un large sourire et m'invita d'un geste à m'asseoir à la table qui m'était désormais attitrée. Machinalement, je sortis le portable de sa housse. Bien qu'au fond de moi, je ne pensais pas pouvoir beaucoup travailler. Mais il fallait sauver les apparences. Il était déjà assez tard et les habitués étaient déjà là. La salle était envahie par un doux tumulte tandis que la musique réchauffait la salle. Je me sentais toujours bien ici. C'était mon deuxième chez moi. Et j'y venais presque tous les soirs depuis que j'avais emménagé dans le coin. Je me sentais quelque peu en sécurité et je commençais à me détendre petit à petit. Ben s'avança vers moi pour prendre ma commande et me lança « un double café comme d'hab' ma belle ? »Je fis un sourire timide et lui lançait « non pas ce soir... donne moi un whisky-coca s'il te plait »Il eut un moment d'hésitation et dit « et bien ... tu sors l'artillerie lourde ce soir ! des soucis ? »-« oui ... les fantômes du passé sortent du placard ... »Il me rendit mon sourire : « et bien JB est effectivement un très bon exorciste »Et il partit préparer ma commande.Je fixais mon écran. Me laissant hypnotiser par l'écran de veille qui tournoyait devant mes yeux. Il était flagrant que je ne pourrais pas travailler ce soir. A mon grand dam, mon esprit se mit à vagabonder. A faire un retour en arrière. J'avais essayé de refouler toutes ces pensées pendant tous ces mois mais voilà qu'elles ressurgissaient... et ma migraine avec...J'avais connu Adam par une amie. C'était l'ami d'une amie. J'avais accroché dès la première fois où l'on avait échangé quelques mots. C'était un homme plutôt séduisant même s'il n'était pas le genre d'homme qui m'attirait en général. Brun aux yeux noirs, sûr de lui, drôle, il avait totalement attiré mon attention et nous nous étions vite liés d'amitié. Nous avions commencé par nous voir entre amis puis petit à petit, en tête à tête. Nous avions lié une véritable complicité et nous passions des moments vraiment intenses. Je n'avais jamais connu une telle communion avec quelqu'un et naturellement – petit à petit – je finis par tomber amoureuse. La barrière entre amitié et amour est bien mince parfois et je l'avais malheureusement abattue. Bien entendu, je doutais que cette attirance soit réciproque et j'avais donc gardé pour moi ces sentiments qui me paraissaient pour le moins étranges. Je n'arrivais pas à définir ce que je ressentais et essayais chaque jour de me persuader que je m'égarais et que je confondais l'amitié et l'amour. D'autant plus qu'il avait de nombreuses conquêtes à son actif et qu'il ne m'avait jamais fait aucune avance. Il n'était donc pas la peine d'être devin pour comprendre que mes sentiments n'étaient aucunement partagés. Je me contentais donc de prendre ce qu'il m'offrait et jusque là, cela me suffisait. C'était un homme ambitieux, un trait de caractère que j'aimais particulièrement chez lui. Il avait envie de s'en sortir dans la vie, il aspirait à un niveau social suffisamment élevé pour vivre confortablement. Parfois, pourtant cette ambition me faisait peur. Adam me semblait prêt à tout parfois... même du pire. Et c'est à cause de cette ambition que tout bascula un jour. Nous nous étions retrouvés un soir dans mon petit appartement. Comme à notre habitude, j'avais sorti une bonne bouteille de vin et à vrai dire, nous avions un peu trop bu à ce moment de la soirée, lorsqu'il commença à aborder un sujet qui me parut sur le moment complètement délirant. J'avais toujours cru que cet homme était un homme rationnel et plutôt terre-à-terre. Je me considérais comme une femme ouverte d'esprit, et plutôt axé sur le spirituel mais le discours qu'il me tint ce soir là me perturba pour le moins. J'avais tout d'abord mis cela sur le compte de l'abus d'alcool mais j'appris à mes dépens qu'il n'en était rien.J'avais fréquenté à une époque le milieu « goth » - de loin, bien entendu. J'aimais le style musical et je m'en étais rapprochée, trouvant le look assez original. Mais comme dans tout mouvement, il y avait des dérives et certaines d'entres elles consistaient en ce que certains gothiques, se prenaient pour des vampires. Ils adoptaient leur style de vie, leur tenue vestimentaire... enfin un tant soit peu que les vampires existent. Je trouvais ce genre de comportement puéril mais je ne le jugeais pas pour autant. Ce soir là donc, alors que nous étions un peu gais, Adam m'avait annoncé qu'il voulait devenir un vampire. J'avais d'abord éclaté de rire, me moquant de lui, croyant à une boutade. Mais il s'était mis en colère et tandis que j'essayais de comprendre comment on en était arrivé à se disputer aussi violemment, il était parti en claquant la porte. Je n'avais pas eu de nouvelles pendant plusieurs semaines. Ne répondant plus à mes appels. Je me sentais malheureuse et je ne comprenais pas un tel comportement. Lorsqu'un soir, il sonna à ma porte. Il m'accueillit avec un sourire radieux et j'étais tellement heureuse de le voir que je lui sautais au cou, le serrant dans mes bras. A cet instant, il refusa de se détacher de moi, me plaquant plus fort contre lui, il me murmura « Eve, ma douce, ma tendre Evereve, Eve à l'infini, Eve pour l'Eternité... ». Cette voix ... c'était étrange ... ce n'était pas la sienne... m'écartant doucement, un peu intriguée et un peu anxieuse aussi, je l'invitais à entrer dans mon salon. Il s'assit sur mon canapé et le fixant, je lui dis sur un ton plaintif de reproche « tu ne répondais plus à mes appels ? »Il me sourit et son allure me frappa. Il était plus beau que jamais, plus attirant encore... Je le regardais, tétanisée par sa beauté... Troublée, je lui proposais un verre et lui tournant le dos pour retrouver un peu de contenance, je lui servais un verre de whisky. Il remarqua mon trouble et s'approcha de moi avec assurance. Je n'avais jamais connu autant de virilité chez un homme et tant de beauté. D'un seul coup, je sentis mon désir pour lui, éclater ... comme un feu d'artifice dans mes entrailles. Et lorsqu'il me prit à nouveau dans ses bras, se collant dans mon dos, je sentis mon corps se dérober presque sous moi. « Eve, mon Amour .... tout va changer... tout sera différent... j'ai tellement changé... »Sentant son corps contre le mien si tendrement serré, sentant la force qui émanait de lui, je n'eus qu'une envie ... comme une obsession... m'offrir à lui, corps et âme... entièrement... je sentais déjà ses caresses sur mon corps ... j'avais attendu ce moment tellement longtemps... un signe de lui ... je l'avais désiré si ardemment et maintenant enfin .... mais ...il y a toujours un mais ... Alors que j'étais prête à m'offrir à lui, noyée sous ses baisers, il me murmura dans un souffle : « mon Amour, j'ai faim de toi...» et joignant le geste à la parole, me mordit violemment au cou... ces simples mots et ce geste insensé scellèrent la fin de notre histoire.Le repoussant violemment ... je lui criais « MAIS QU'EST CE QUE TU FAIS ! »S'écartant de moi, il me sourit et éclata de rire. Je trouvais ce rire monstrueux. Il me dit « Pauvre gourde ... qu'est ce que tu croyais ??? tu t'es foutu de ma gueule ! mais j'y suis arrivé !!! regarde moi ! je suis encore plus puissant qu'avant ! je suis encore plus beau, séduisant... tu l'as remarqué non !!!! » ricannant de plus bel ...« Je te laisse le choix de me rejoindre, de t'élever un peu, de sortir de ta vie médiocre ...ou alors de continuer ta vie de pauvre fille sans avenir... jusqu'à ce que tu en crèves ! »Ma seule réponse fut « Dégage... va-t-en enfoiré ! »Je vis la colère dans ses yeux... Je sentis la violence qui émanait de son être et je l'aimais et le désirais à cet instant plus que jamais. Je vis son corps se raidir et je compris que c'était la fin ... il me cracha simplement à la figure « pauvre conne... » et il disparut...Sans même prévenir, je me mis à vomir tout ce que j'avais dans l'estomac... et me laissais emporter par les sanglots ... Je se sentais souillée ... et la nausée persista longtemps après le départ de mon ancien ami... Pourtant, étrangement, ce n'était pas lui qui me dégouttait ... c'était moi ... parce qu'il fallait bien admettre que je ne l'avais jamais autant aimé et désiré que depuis qu'il était transformé ... et cette simple idée était pour moi inconcevable... moi, qui avais tant de « grandes valeurs »... je l'avais aussi désiré plus que tout ...Alors j'avais fui... pour fuir mon propre désir, pour me mentir à moi-même ... être sure que si je le revoyais, je ne succomberais pas ... j'avais tout quitté... ma famille, ma ville, mon passé...Tandis que je repensais à ce soir là... douloureusement ... je portais la main à mon cou ... et relevais les yeux. Je rencontrais le regard d'un homme au bar qui était tourné vers moi et qui me fixait. Au même instant, Ben arriva avec mon verre et me dit :« le blondinet au bar là, il veut de l'offrir... »Je regardais l'homme qui leva son verre vers moi en signe de bonne santé. Cette situation ne me plaisait guère. Je n'avais pas le temps pour ce genre de badinage. Surtout pas ce soir. Je regardais Ben et lui dit :« Dis lui que je refuse..., j'ai autre chose à faire ! »Ben me sourit et alla transmettre le message. L'homme sourit et se détourna. Je ne voulais pas encourager ce genre de comportement. Je fixais à nouveau mon écran lorsque je le vis s'approcher de ma table. Déjà, je soupirais et m'apprêtais à le recevoir durement. Désignant la chaise en face de moi, il me dit :« je peux ? »« je crois avoir décliné votre invitation, il me semble » lui répondis-je d'un ton cassant, en lui lançant mon regard le plus noir.Sans même attendre, il s'assit devant moi et se calant bien au fond de son siège, il me lança :« je crois que nous avons à parler ma douce ! on dirait que ton ami aux longues dents est de retour ... » (...à suivre)
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 « Qui êtes-vous ? » dis-je en me crispant sur mon siège. « James… »
* * * James était blond aux yeux bleus. Les cheveux coupés très courts, il était toujours habillé entièrement de noir et avait fière allure. Son visage était creusé et anguleux, sévère et froid. Depuis des semaines, il s’installait dans sa Desoto Sportsman de 1959. Voiture quelque peu voyante en effet, mais quoi de mieux pour passer inaperçu qu’une voiture voyante ? une cigarette aux lèvres, il attendait … Cela faisait plusieurs mois maintenant qu’il l’observait… souvent comme ce soir, dans l’obscurité de sa voiture, parfois dans l’ombre d’un porche … Elle ne semblait pas l’avoir remarqué. Pourtant, elle était aux aguets, toujours sur le qui-vive. Elle avait l’air d’une proie traquée. Ce qu’elle était réellement en fait. Au fils des jours, il avait appris à la connaître un peu. Elle sortait presque tous les soirs à la même heure pour rejoindre ce pub, le « Muppets ». C’était curieux pour une fugitive de prendre de telles habitudes, de s’adonner à une telle routine. Il pensait que cela devait la rassurer. Sous ses airs de petite bonne femme qui jouait les dures, elle semblait si vulnérable et fragile. Il avait fini par l’apprécier et regrettait qu’elle se soit embarquée dans une telle histoire. Elle ne méritait vraiment pas ça.
Ça n’avait pas été facile de la retrouver après son départ de sa ville. Elle avait fui Adam et elle avait bien réussi son coup et depuis quelques semaines, semblait reprendre un peu de vie. Elle souriait à nouveau, mais ça ne durerait pas. Si James avait réussi à la retrouver, il était évident qu’Adam le ferait bien vite et c’est pour cela qu’il avait décidé de renforcer sa filature. Il sourit sauvagement en pensant à la façon bête et méchante avec laquelle il allait se faire piéger. Cette fille était son talon d’Achille. Une fois qu’il aura retrouvé Eve, il ne manquera pas de vouloir la voir à tout prix et c’est là que James l’attendra. Il jubilait à cette pensée. Il saisit à nouveau son paquet de cigarettes et en alluma une avec délectation. Avalant la fumée, il ressentit le petit pincement qui se produisait dans sa poitrine à chaque nouvelle première bouffée.
C’est donc perdu dans ses pensées, fixant l’entrée de l’immeuble d’Eve, qu’il aperçut à travers la fumée qui montait sur son visage, la silhouette svelte d’Adam. James se redressa vivement et son cœur explosa presque dans sa poitrine tellement l’excitation était forte. Il regarda Adam entrer dans l’immeuble. Il ne pouvait pas intervenir encore … Il le savait, pourtant, ce n’était pas l’envie qui lui manquait. Mais le moment n’était pas encore arrivé. Il savait qu’il ne s’attaquerait pas encore à elle. Tel le chat jouant avec sa proie, il savait qu’Adam s’amuserait d’abord à la torturer psychologiquement et c’est pour cela qu’il ne prit même pas la peine de le suivre dans l’immeuble. Adam en ressortit presqu’aussitôt d’ailleurs et cela intrigua fortement James qui fronça les sourcils. Il le suivit des yeux et attendit la suite des évènements. Près de quinze minutes plus tard, il vit Eve sortir de l’immeuble. Elle était crispée. Il connaissait chacune de ses postures. Et sans même voir son visage, il savait que quelque chose n’allait pas. Elle savait qu’Adam était de retour. La chasse allait commencer …
* * * Le fameux James plongea ses yeux dans les miens, son regard était étrange et froid. Il me rappela étrangement celui d’une bête sauvage et je sentis un frisson monter le long de mon échine. Je ne détournais pas le regard de peur qu’il voit ma faiblesse. Me ressaisissant, je lançais :
« Mais encore ?... James ... » prenant le ton le plus cassant que je connaissais.
Cela eu l’air de l’amuser. Il sortit un paquet de cigarettes, et en alluma une du coin des lèvres. Je regardais ce geste en me disant que j’avais toujours trouvé ça bêtement viril. Je m’étais toujours demandée comment des gestes aussi anodins pouvaient ainsi éveiller de tels sentiments. C’était primaire et stupide. Je l’avouais volontiers et pourtant, je trouvais ce simple geste très sexy. James me fit sortir rapidement de mes pensées qui ne manquaient jamais de vagabonder, en me disant : « Je suis ton ange gardien… » et il sourit, l’air particulièrement fier de lui. « Très drôle… un p’tit rigolo… manquait plus que ça ! qui êtes-vous bon sang !? » dis-je en essayant de durcir le ton. « Je suis James, Trésor, et je suis là pour te protéger… » « Me protéger ? me protéger de quoi ??? » ricanant à mon tour. « Te protéger d’Adam bien sûr ! de qui d’autre ? »
Je m’étais raidie en entendant prononcer son nom… C’était toujours douloureux de l’entendre…
« Ton ami Adam… il te poursuit depuis qu’il s’est transformé n’est ce pas ? » « Transformé ?? » dis-je d’un ton incrédule. « Enfin, Eve ! ne fais pas l’enfant ! ne me prends pas pour un con ! il t’a laissé une jolie trace dans le cou à ce que je vois ! je sais que tu sais … C’est un vampire ! un ange de la nuit … ne fais pas comme si, tu l’ignorais… »
A cet aveu je baissais les yeux.
« Que voulez-vous ? » dis-je doucement « Je te l’ai dit… te protéger … » « Pourquoi ???? » « Peu importe pourquoi … l’important, c’est qu’il ne te fasse aucun mal et que nous le neutralisions… »
Je relevais la tête intriguée. Mon esprit s’arrêtant sur le « nous » « Nous ??? » dis je « qui nous ??? » Je vis dans ses yeux qu’il venait de faire une erreur. Sa mâchoire se crispa. Il cligna imperceptiblement des yeux et après un petit moment de silence, finit par répondre avec agacement : « j’ai dit « nous » comme j’aurai pu dire « je » … nous, toi et moi… j’en sais rien …» Je sentais qu’il se passait quelque chose d’important d’un seul coup. Je devinais que l’homme assit en face de moi ne m’en dirait pas plus. J’hésitais sur la conduite à suivre. Il avait détourné le regard mais continua de parler :
« Adam est dangereux, tu sais qu’il te veut du mal… il voudra te convertir… c’est évident, il a déjà essayé … il ne supporte pas l’idée d’avoir échoué… tu ne dois pas devenir comme lui… et je l’en empêcherai… c’est tout ce qu’il y a savoir ! »
Je sentis que cette dernière phrase ne me donnait aucun droit de réponse et clôturait la conversation. Je retins tout de même de cette dernière que je ne devais pas devenir comme lui. Pourquoi ne devais-je pas ? Cette question se logea dans un coin de mon esprit . Il releva les yeux sur moi et j’entrevis à nouveau le prédateur. Pour toute réponse, je fermais mon ordinateur, me levait et partait…
Tandis que je l’entendais me lancer à la cantonade :
« Je veille sur toi mon cœur, je suis ton ange gardien ! » et il ricana de plus bel.
(à suivre…)
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